Je sors de la maison, il est 7h30: déjà 35°C à l’ombre, la moiteur de l’air me saisit. Départ pour l’arrêt de bus, 30 minutes de marche sous le soleil. En chemin, des taxis me klaxonnent, en espérant ainsi attirer mon attention et réaliser leur première course du jour. C’est assez perturbant les premières fois, mais on s’y habitue – et c’est de toute façon moins agressant que le bruit des rues de New Delhi ! Arrivé à l’arrêt de bus, l’ombre des palmiers est la bienvenue pour attendre le bus; les voitures passent en trombe, parfois poursuivie par des flics: l’arrêt se situe à côté de l’autoroute.
Ah! Enfin le bus 32 arrive, je m’empresse de grimper dedans, pour retrouver la fraîcheur bienvenue de la clim’. Quelques ouvriers indiens ou pakistanais, en tenue de travail, leurs gamelles à côté d’eux me regardent. Une fois installé dans mon siège, au fond du bus, j’ouvre un bouquin pour faire passer l’heure de trajet. Le bus se remplit au fur et à mesure, pour finir bondé. Note: Toujours jouer des coudes pour sortir à l’arrêt de bus, Madinat Zayed, juste à côté du Souk de l’Or. Une fois sorti du bus, je n’y vois plus rien: une épaisse couche de buée a envahit mes lunettes de soleil. Heureusement le bureau de MSF n’est pas loin – à peine 2 minutes de marche. La journée passe vite, entrecoupée du repas de midi, composé de l’habituelle ‘fatouch’ (salade accompagnée de graines de grenade), ainsi que de shawarma (sorte de kebab). 4 heures: goûter de Princes LU – la marque est importante, toutes les autres ne sont pas craquantes. On trouve rarement des gâteaux craquants à Abu Dhabi, à cause de l’humidité !
Fin du boulot, un petit tour dans un centre commercial pour faire des courses: des femmes portant le hijab (composée de la burqa – le voile, et l’abaya, la robe – qui peut d’ailleurs être portée par les hommes), font des courses chez Gucci, Vuitton et consors, souvent accompagnées de leurs enfants. Des lourdes volutes de parfum entêtant flottent dans l’air, lorsque l’on passe à côté d’elles ou de leurs maris.
L’estomac se rappelle à mon bon souvenir: ce soir, je ne mange pas à la maison, direction le Shangri-La et sa kyrielle de restaurants. Un morceau de choix: le Meat & Co, où une sympathique équipe nous accueille. Quel étrange sentiment, à chaque fois que je me rends dans de tels lieux, de sentir les serveurs sur-attentionnés autour de soi. Pas de porc au menu – pays musulman oblige, mais pas de problème pour l’alcool. Un verre de blanc pour accompagner le poisson, toujours. Après le repas, un petite bière serait parfaite pour terminer la soirée. L’heure avance, je ne connais personne dans le bar: impossible de rentrer, il faut être un “vipe”.
Je prends un taxi: le chauffeur, la peau presque noire ébène, une petite moustache, se nomme Ahmudheen et doit être indien. J’engage la conversation avec lui: il est bien indien, tout juste arrivé du Bangladesh il y a de ça 3 mois. Conduit son taxi gris argenté entre 18 et 20 heures par jour, en gagnant 20% de chaque course. Il évoque avec un sentiment mêlé de mélancolie et fierté, sa famille. Aimerait rentrer l’an prochain chez lui, si il n’arrive pas à gagner plus d’argent. Fin de la conversation, je suis arrivé à la maison. Fin de la journée.


